témoignages

    J'exerce mon métier à l'autre bout du monde

    A l'été 2017, Julie a inscrit le mot Bali tout en haut de la liste de ses envies. Aujourd'hui installée à 12 000 km de la Suisse, elle est animatrice pour une radio romande. 

    Publié le 
    26 Juin 2018
     par 
    Juliane Monnin

    J’avais besoin de trouver un nouveau souffle. J’ai passé ces dernières années à coanimer une matinale et produire une émission TV sur l’écologie. Toutefois, à l’issue de ces défis professionnels, je sentais le besoin de réaliser un nouveau rêve tout en continuant de façonner ceux déjà concrétisés. De son côté, mon mari vivait le même rythme effréné. On a eu l’idée de partir une année ensemble l’été dernier. Nos objectifs? Aspirer à une vie plus sereine et sortir de notre zone de confort.

    La liste de nos envies

    On était sûrs d’une chose: on ne voulait pas partir à l’autre bout du monde en vacances! Il fallait donc réfléchir à de nouvelles sources de revenus, car nos économies n’auraient pas suffi. On a listé tout ce qu’on voulait faire d’incroyable dans notre existence. «Vivre à Bali» figurait tout en haut de la liste.

    Mon mari était déjà amoureux de cette destination et on y avait quelques connaissances. Pour ma part, je n’étais jamais allée en Asie. C’était l’inconnu qui rendait le projet excitant.

    J’ai tout quitté afin de me retrouver

    Bali, la plus occidentale des îles indonésiennes, est un pays accessible, la vie n’y est pas très chère, sans parler de sa météo idyllique qui m’avait toujours tentée. Bref, on rêvait Bali.

     

     

    Avec un peu de culot, j’ai eu l’idée d’aller voir mes anciens patrons avec qui j’avais conservé de très bons rapports. Je leur ai proposé de reprendre mon job mais cette fois-ci à distance, tout en leur facturant des devis inférieurs à ce que j’aurais demandé en temps normal. Après seulement deux semaines de réflexion, ils ont décidé de me faire confiance et ont accepté mon projet. Ensuite, tout s’est enchaîné très vite.

    On a organisé notre départ, vidé nos penderies, vendu la voiture, rendu notre appartement. On est partis en janvier, le lendemain de mes trente ans, avec nos planches de surf, un gros sac de voyage chacun, du matériel informatique… et c’est tout!

    A ce moment-là, je me suis sentie libre et légère. J’étais prête pour un nouveau départ. En sortant de l’aéroport de Denpasar, j’ai repensé aux longs derniers mois d’attente et de préparation et j’ai fini par réaliser qu’on se lançait dans une superbe aventure. En revanche, les débuts n’ont pas été si simples. En arrivant, j’ai attrapé une bactérie à l’estomac, une saleté que j’ai traîné deux semaines. Par ailleurs, pour compléter ma collection de tatouages, je me suis brûlé le mollet avec le pot d’échappement de mon scooter. Ici, on appelle ça le Bali Kiss.

    Mon combat pour l’accès aux soins pour tous à Bali

    Ainsi, depuis le début de l’année je réalise de ma maison, à Canggu, des matinales radio pour le week-end en Romandie. La chaîne m’a également confié des chroniques et des agendas. C’est assez drôle de parler d’événements comme Festi’neuch ou d’annoncer la météo des neiges avec pour bureau mon jardin balinais!

    Concrètement, j’enregistre les émissions dans ma cabine son, une petite pièce de la location que j’ai isolée avec trois matelas achetés au bazar du coin. Envoyer mes enregistrements à destination d’une radio qui diffuse aussi loin est vraiment atypique! D’ailleurs, lorsque j’exerçais mes matinales en live avec mon équipe, on rêvait déjà de faire de la radio sur une île pour profiter du décalage horaire. C’était même une blague entre nous. Jamais je n’aurais pu imaginer que je parviendrais à concrétiser une idée aussi folle!

     

     

    Mon mari, ce collègue

    Avec mon parcours de productrice télé, je ressentais le besoin de montrer des images de mon périple à mes auditeurs. Comme mon époux est réalisateur, il y avait quelque chose à faire! Nous avons réalisé ensemble des documentaires qui seront diffusés à partir de septembre. Nouvel-An Balinais, Volcan Semeru à Java, Jungle des îles Mentawaï… à chaque épisode, un(e) Balinais(e) me fait découvrir l’île à travers ses yeux. Autoproduire ces émissions en couple était un parti pris osé, mais on croit en ce projet.

    Voyage: nos conseils pour réussir son tour du monde

    Comme on n’est pas uniquement à Bali pour se la couler douce à manger des bols de fruits coupés, on s’est imposé un rythme. Après une session de surf matinale, on travaille jusqu’à 17 h, du lundi au vendredi.

    Avant de tout quitter, on se posait beaucoup de questions sur notre travail en couple; au final, on se complète bien. Le plus stimulant dans cette histoire? Continuer à apprendre chaque jour des choses sur mon métier, même si j’ai l’impression d’être en vacances!

     

     

    Surf boulot dodo

    J’ai toujours beaucoup voyagé, mais l’Indonésie et sa philosophie inscrite dans l’immédiateté, c’était nouveau pour moi. Du coup, lorsque je suis arrivée ici, je n’ai pas eu le choix: j’ai lâché prise!

    Administrativement, rien n’est organisé comme chez nous. Typiquement, on ne reçoit pas les bordereaux d’impôts par courrier, c’est un employé du banjar, la mairie de notre petite commune, qui vient toquer à notre porte et nous demande l’équivalent de 7 fr. par mois.

    Autre exemple: pour l’électricité, on doit aller chercher au supermarché un code à rentrer dans le boîtier de la maison! Au final, même s’il s’agit d’assimiler plein de choses nouvelles – comme la langue balinaise, que je commence à maîtriser –, la vie est plus simple. Ici, je dépense en découvertes et très peu en shopping. J’ai quasi abandonné mon penchant consumériste et mes us et coutumes helvètes, même si je regrette ma petite tomme vaudoise!

    Si je pouvais travailler ainsi toute ma vie en voyageant à travers le monde, ce serait vraiment le paradis. Après cette année à Bali, qui s’achèvera – ou pas – en février 2019, notre prochain rêve serait de filmer une traversée de l’Afrique avec une personnalité romande à nos côtés, un projet pour l’heure au stade d’ébauche. Nous attendons de voir comment tournent les choses. Pour le moment, nous pensons balinais: «Il se passera ce qu’il se passera.» Et puis, on pourrait également continuer à détailler notre liste. En deuxième position? «Faire des enfants.»

     

     

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