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    «Exit la charge mentale»: des pistes pour (enfin) arrêter d’être surmené(e)

    Dans son livre «Exit la charge mentale! 7 clefs pour une vie de couple égalitaire», l’auteure Marie-Laure Monneret vient en aide à toutes celles et ceux qui se sentent épuisés nerveusement. Car oui, la charge mentale concerne les hommes comme les femmes. Explications pour réussir à lâcher prise durablement.

    Publié le 
    29 Mars 2018
     par 
    Juliane Monnin

    FEMINA Comment vous présente-t-on?
    Marie-Laure Monneret Je suis coach professionnelle. J’accompagne des personnes qui souhaitent opérer un changement majeur dans leur vie. Je les amène à définir leurs objectifs, à déterminer le plan d’action pour les atteindre et je les accompagne dans sa mise en œuvre. J’ai, par exemple, des clients qui ne sont pas satisfaits de leur vie professionnelle et qui ont du mal à avancer. Le coaching leur permet de définir ce qui leur apporterait satisfaction et épanouissement, comment concrètement l’obtenir, et les aide à passer à l’action.

    Quel est votre parcours?
    Je suis devenue coach après une carrière de 15 ans dans le marketing et une reconversion professionnelle, elle-même accompagnée par un processus de coaching qui a mis en lumière mon besoin de mettre l’humain au cœur de ma mission. Mère de 3 enfants et travaillant à plein-temps, j’ai souvent eu l’occasion de sentir ce que pouvait représenter la charge mentale mais j’ai toujours fait en sorte de m’en protéger, car je considère que nous avons tous le pouvoir et le devoir de faire en sorte que la vie nous sourie.

    Qu’est-ce que la charge mentale et comment s’explique-t-elle? Et quelles sont les personnes concernées?
    La notion de charge mentale domestique ou ménagère met en évidence la charge cognitive que représente pour les femmes la gestion quotidienne du foyer, une charge qui les suit même quand elles sont au travail. Leur cerveau est constamment sollicité, voire parasité, par la responsabilité de planification, de gestion et d’organisation de la vie familiale et domestique qui leur incombe.

    La charge provient non pas de la multitude de tâches à accomplir, mais du fait d’en être la seule responsable. En effet, les tâches prennent du temps, mais la responsabilité… prend la tête!

    Toute personne qui cumule un emploi et la charge d’un foyer peut être concernée.

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    De façon plus ou moins inconsciente, est-ce qu'on ne s’impose pas nous-mêmes cette charge mentale?
    La charge mentale a de multiples sources. Notre éducation joue pour beaucoup car nous avons tendance à reproduire le schéma familial dans lequel nous avons grandi, lui-même inspiré par celui dans lequel nos parents ont grandi. Ainsi, les femmes ont investi le monde du travail sans que le modèle d’organisation familiale et domestique ait changé en profondeur. De ce fait, et peut-être aussi parce que les hommes s’en accommodent bien, le partage des tâches reste très inégal. Et pour ce qui est de leur responsabilité, le déséquilibre est criant.

    S’ajoute à cela un facteur interne: certaines femmes alourdissent, de façon plus ou moins consciente, leur charge mentale, car elles croient qu’elles se doivent d’être des «Wonder Woman», parfaites sur tous les fronts, et de souffrir en silence. D’autres ont du mal à lâcher prise et préfèrent rester dans le contrôle par manque de confiance envers leur conjoint quant à leurs compétences.

    Cependant, la charge mentale provient surtout d’un rôle imposé aux femmes! Ce qui n’est pas toujours conscient, c’est la souffrance qu’elle génère.

    Sur le long terme, quels sont les risques pour notre santé d’une charge mentale trop pesante? Et quels sont les signes qui doivent nous alerter?
    Le fait que la charge mentale domestique pèse presque exclusivement sur les femmes est injuste, sexiste et source d’inégalités. Mais le problème va bien au-delà, en ce qu’il impacte la santé des femmes. Elles se sentent débordées, tiraillées et sollicitées en permanence ce qui est fortement générateur de stress. Or à la différence du stress professionnel, le stress issu de la charge mentale ne fait jamais de pause, ni le week-end ni pendant les vacances. Alors il s’accumule, pouvant aller jusqu’à ce qu’on appelle le burn-out maternel.

    Il est important de rester à l’écoute de ses ressentis et de réagir lorsqu’on sent que le niveau de stress est trop haut. Ainsi, chacune peut étudier comment le stress se manifeste chez elle (mal de dos, insomnies, irritabilité…) pour déterminer son seuil d’alerte et réagir à temps.

    En quoi l'organisation mentale des pensées des femmes diffère-t-elle de celle des hommes?
    Je ne pense pas qu’il y ait une organisation mentale des pensées spécifique aux femmes et une autre aux hommes. Il y a éventuellement des différences de comportement.

    D’ailleurs, à l’origine, le terme de charge mentale s’appliquait au début des année 70 aux managers (des hommes pour la plupart) qui rapportaient chez eux les préoccupations professionnelles. 

    La charge mentale domestique est liée au rôle et non au sexe de la personne. Si des hommes occupaient cette place de chef d’orchestre du foyer, ils en souffriraient comme les femmes. Mais cela, pour l’instant, on n’a pas beaucoup eu l’occasion de l’observer!

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    Les hommes pâtissent-ils également de charge mentale?
    Donc, oui, les hommes peuvent aussi ressentir une charge mentale tout comme ils peuvent être touchés par un stress professionnel car c’est la même chose. Tout est question de priorité. Ce qui accroît encore chez les femmes l’effet de la charge mentale domestique, c’est qu’elle est cumulée à la charge mentale liée aux préoccupations professionnelles.

    Comment leur expliquer que statistiquement, ils en font beaucoup moins? (cf. l’étude de l’Insee qui révèle que seulement 14% des hommes participent aux tâches considérées comme des corvées.)
    Les hommes en font 2 fois moins en temps. Mais c’est une moyenne statistique. Chacun aura une perception différente de ce qu’il fait dans le foyer. La seule manière de leur montrer le déséquilibre dans la répartition des tâches et de leur responsabilité, est que chaque membre du couple fasse un diagnostic détaillé et concret. Ils pourront ainsi avoir un état des lieux fiable et réfléchir ensemble à une nouvelle organisation plus égalitaire.

    Ce qui est important c’est que la femme exprime à son partenaire son ressenti, l’effet qu’a sur elle la charge qui lui est confiée.

    Comme la publication de l’essai, «Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale» (Ed Fayard, 2017) de Titiou Lecoq le démontre, la thématique de l’inégalité des tâches extra-professionnelles est au cœur des préoccupations sociétales. Comment rétablir un équilibre plus viable?
    En effet, la charge mentale domestique pèse sur l’évolution de la place de la femme dans notre société et dans le monde du travail en particulier. Pour se libérer de la charge mentale, la femme doit prendre conscience qu’elle est en souffrance, que ce n’est pas juste et qu’elle n’a pas à subir. La clé est dans la communication avec son partenaire afin que le couple prenne le problème en main à deux, car même si la charge mentale est un problème pour la femme, c’est l’affaire du couple.

    A partir de là, une fois le diagnostic sur la répartition initiale des responsabilités et des tâches fait, le couple pourra réviser cette organisation en tenant compte des capacités et des envies de chacun pour trouver un fonctionnement égalitaire qui puisse tenir sur le long terme.

    «Exit la charge mentale! 7 clés pour une vie de couple égalitaire», de Marie-Laure Monneret, éditions First.

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